"Ceux qui voulaient me briser y sont parvenus..."
extrait de la dernière lettre de Jacques Bouille à sa famille





jeudi 12 mai 2016

Précisions


 Le conseil municipal de fin mars a été centré sur l’augmentation de 7% des impôts locaux. Les explications données concernant le patrimoine ne sont rien d’autre qu’une tentative pour faire passer cette fâcheuse pilule et quoi de plus facile que d’accabler son prédécesseur en le montrant du doigt ?


 C’est plutôt une habitude de la part de celui qui a écrit au procureur, le 07/03/2008, une lettre à en-tête d’une SCP d’avocats. Lettre accompagnée d’un constat d’huissier fait dans les musées de la commune -qui en comptait 2 à cette époque- pour constater que les œuvres achetées en 2007 ne se trouvaient pas exposées dans ces lieux, ce qui était parfaitement normal puisque, comme le prouve ce constat, il y avait une exposition d’œuvres de deux artistes, Daniel Johnston et Zoé Mendelson, au musée d’art contemporain, place de la République et que le musée Desnoyer, rue E.Zola, était fermé pour travaux.

Cette lettre était aussi accompagnée, en annexe, de l’ « extrait non exhaustif des achats d’œuvres d’art 2007, extrait du compte administratif 2007 ». Ce document administratif, que tout un chacun pouvait se procurer, comme l’a fait un colistier de la liste « Ensemble, plus loin, différemment », mentionnait une somme de 2 271 508, 83 € avec la récapitulation d’objets achetés, majoritairement des œuvres d’art, mais pas uniquement.

Dans le dossier pénal, une vérification de ces achats d’œuvres d’art n’est possible, me semble-t-il, que pour la seule année 2007, à partir d’un ensemble de documents donnés et par la préfecture et la trésorerie d’Elne et la mairie de Saint- Cyprien.
Pour d’autres années, le calcul de ces achats a été fait à partir des réponses d’hôtels de vente : ainsi, du 30/05/2005 au 06/07/2008, le chiffre de 1 535 690, 93 €  a-t-il été avancé. Ces seuls deux chiffres illustrent la difficulté à comprendre les calculs auxquels se sont livrés -parfois avec des erreurs- les services de la police judiciaire pour le compte et sous le contrôle de la justice.
D’une cote à une autre, les chiffres ne correspondent pas. On trouve ainsi, pour une période allant du 01/01/2002 au 15/12/2008, un total des achats d’œuvres d’art facturés et payés par virements de la trésorerie d’Elne d’un montant de : 958 865, 90 €. Dans une autre cote récapitulative, pour une période allant du 18/01/2003 au 21/09/2008, les réponses à réquisitions aux commissaires priseurs donnent : 1 841 095, 69 € (+ 244 800 $).


Le patrimoine artistique de Saint-Cyprien ne comprend pas uniquement les œuvres d’art achetées par J. Bouille.
J. Olibo, son prédécesseur, a, quant à lui, initié cette création (collections Desnoyer et « artistes catalans ») et donné à la ville ses deux musées.
Il faut rendre à chacun ce qu’il a fait.
Par conséquent, le patrimoine artistique de Saint-Cyprien est plus important que ce qui a été annoncé en conseil municipal où les propos tenus visaient le seul J. Bouille.

Estimer la valeur d’un patrimoine est difficile. La première expertise de ce patrimoine a été faite à la demande de J. Bouille en 1989, d’autres ont suivi en 1992, 1994, 2000 (pour des achats), 2004.
Le marché de l’art est fluctuant, certes, mais, pour tenter de justifier l’augmentation des impôts locaux de 7%, certaines contre-vérités ont été intentionnellement dites durant les explications préliminaires.

Cela s’était déjà produit, sur un autre sujet que celui des impôts locaux, si ma mémoire est bonne, lors du procès à Perpignan. Une sorte de « procès en art » a été volontairement fait à J. Bouille : rien de ce qui avait été acquis ne pouvait avoir de valeur (ni artistique ni vénale), il n’y avait pas eu de politique culturelle à Saint Cyprien durant ces années, mais... curieusement, de façon contradictoire, dans le délibéré, le titre d’« amateur d’art éclairé » lui est appliqué.

Contrairement à ce qui a été dit, il n’y a pas eu d’achat d’œuvres de « peintres pompiers » par la commune de Saint-Cyprien. On peut ne pas apprécier les tableaux achetés et vibrer uniquement pour la peinture contemporaine mais on ne peut feindre d’ignorer que la peinture dite « pompier » est un genre spécifique dont toute encyclopédie donne la définition.
Les peintres de l’école de Barbizon ne sont pas des peintres « pompiers », ce sont même des   « passeurs » en art. Les nabis ne sont pas des « pompiers », ni G. Loiseau, ni H. Martin, ni M. Luce, ni M. Utrillo, ni A. Marquet ni... La liste est longue et j’ai pu, en travaillant sur le dossier pénal, passer en revue, un à un, ces tableaux dont les photos se trouvent dans le constat demandé trop tardivement par les juges d’instruction.

Un article du Monde de 2012 parle de certains de ces peintres et de la progression de leur cote (voir infra).
Il est, donc, faux de dire que ces achats ont été surpayés ou de suggérer qu’ils ne valent pas grand-chose, ils ont été payés, en grande partie, aux prix d’enchères, après renseignements sur la cote des peintres. 


En règle générale, une mairie ne vend pas son patrimoine artistique, ce n’était pas l’objectif de J. Bouille qui voulait le mettre en valeur dans un grand musée, aux Capellans. Mais ceci est une autre histoire...
Tout conseil municipal est souverain dans ses décisions et ses votes.
Mais quand on rase un musée, on peut bien brader un patrimoine artistique.

(cliquer sur les images pour agrandir)
  


 

mardi 26 avril 2016

Postérieurement


http://www.carrefour-des-patrimoines.net/sites/default/files/styles/large/public/exposition-la-collection-st-cyprien.jpg?itok=LQBnbzp5

Exposition de tapis et tapisseries au musée Desnoyer.

La scénographie a bien mis en valeur les couleurs éclatantes des tapis. Trente œuvres ont été exposées dans ce petit musée (celui de la place de la République, plus grand, créé par Jean Olibo, a été rasé dernièrement) sur les quatre-vingts contenues dans le catalogue dont la presse locale annonce qu’elles seront vendues ce printemps, ce que ne laisse pas présumer l’Edito résolument plat.
L’Avant-propos du catalogue fait un éloge indirect de celui -sans jamais le nommer- qui est à l’origine de l’achat de ces œuvres comme l’article La Collection des deux experts Pierre et Nicolas Chevalier permet de le comprendre en mentionnant une date « 2001 ».

Oui, c’est bien Jacques Bouille, maire de Saint-Cyprien de 1989 à 2009, qui a réuni cet ensemble de tapis et tapisseries, lui dont on s’évertue à taire le nom comme s’il était frappé de "memoriae damnatio"... mais c’était dans la Rome Antique et en d’autres temps. Mais à Saint-Cyprien, cet usage perdure : serait-ce que... ?

Pour n’oublier personne et rendre à chacun ce qui lui appartient, d’autres tapisseries, qui ne sont pas exposées, datent de l’époque du prédécesseur de Jacques Bouille, M. Jean Olibo : particulièrement Orion de Marc Saint-Saëns. 

En tous cas, ces tapis et tapisseries n’ont souffert, apparemment, d’aucune « maltraitance », ils ont été bien conservés et leurs couleurs, comme le soulignent les deux experts, sont en parfait état. La réalité finit toujours par s’imposer et s’opposer aux élucubrations (de quelque origine qu’elles soient) qui ne peuvent être prises au sérieux.



dimanche 12 avril 2015

Hommes politiques en exercice, ils se sont suicidés


"Le suicide de Jean Germain rappelle les morts de Pierre Bérégovoy ou Roger Salengro, deux hommes politiques qui avaient choisi de se donner la mort pour une question d'honneur. "

Article de Libération : lire la suite

mercredi 17 décembre 2014


Le 17/12/2008

Jacques, mon époux, et moi avons été séparés à jamais. Je ne l'ai jamais revu vivant.

Ce jour anniversaire 17/12/2014

Et voici l'instant où tu meurs,
Nuit suprême en ma nuit extrême,
Deuil de deuils, malheur de malheurs !
Il me semble mourir encor moi-même

dimanche 23 novembre 2014

Une machine à briser


« L’UNE DES PLUS GRANDES CHOSES QU’A FAITES LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, C’EST DE POSER LE PRINCIPE DE LA PRÉSOMPTION D’INNOCENCE »

La garde à vue, une machine à briser : un article de S. PIEL dans le journal Le Monde du 13/11/2014 présente une analyse intéressante de l’évolution de la garde à vue en France du XIXe siècle à nos jours.

"C’est une étape très féconde pour l’enquête : souvent, les aveux obtenus en garde à vue viennent asseoir des procédures qui reposent sur des éléments matériels fragiles. [...] « Il n’y a rien de pire que d’envoyer un innocent en prison. Une seule erreur judiciaire aurait justifié l’élargissement des droits de la défense », souligne le pénaliste Jean-Yves Liénard."

Rappelons qu’en 2008, la dernière réforme de la garde à vue n’était pas en vigueur : l’avocat ne faisait que deux brèves apparitions, en début et au deuxième jour de la garde à vue.
Depuis 2011, sous la pression de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les droits de la défense ont été nettement élargis avec la présence constante de l’avocat (qui n'a toujours pas, cependant, la possibilité de prendre connaissance de l’ensemble du dossier) tout au long de la garde à vue.

Toutefois, ce nouveau système de garde à vue a engendré, en quelque sorte, sa propre perversion : la multiplication d'auditions libres sans présence de l’avocat. Comme s’il fallait contourner la loi... comme si la présence de l’avocat pouvait être une gêne pour les enquêteurs...

« L’une des plus grandes choses qu’a faites la Révolution française, c’est de poser le principe de la présomption d’innocence, renchérit le magistrat Serge Portelli. Cela veut dire que l’enquêteur peut se tromper... »

=> Lire l'article en entier

dimanche 22 décembre 2013

prison



source : Le Monde, lien 1



source : Le Monde, lien 2

mardi 29 octobre 2013

Détention provisoire, le regard d'Eric Dupond-Moretti


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Extrait de Le Calvaire et le Pardon, Les Ravages d'une erreur judiciaire revue et corrigée, pp 86-87, de Loïc Sécher et Eric Dupond-Moretti, chez Michel Lafon.