"Ceux qui voulaient me briser y sont parvenus..."
extrait de la dernière lettre de Jacques Bouille à sa famille





dimanche 4 juillet 2010

*"Des oeuvres remarquables découvertes dans un fond de réserve exceptionnel"



(*comme le dit le texte publié sur le site de l'Office du Tourisme)

source

=> Lien vers le site des Collections de St Cyprien




Une exposition est prévue à St Cyprien du 07 juillet au 30 septembre 2010 : "Un voyage au coeur des civilisations anciennes".
Deux pièces d'art d'Asie figurent en illustration sur le carton d'invitation.
C'est à l'initiative de Jacques Bouille et de ses conseillers municipaux que des oeuvres d'art d'Asie, d'art précolombien et d'art africain ont pu compléter les collections de St Cyprien. De 2000 à 2008, le patrimoine de la ville a constamment été enrichi, des expositions permanentes au dernier étage du musée Desnoyer permettaient de voir les pièces les plus remarquables, un livre a même été édité en mai 2006 : Collections de St Cyprien. Un parcours au coeur des collections de St Cyprien.

Gageons que les habitants de la ville et les touristes apprécieront de voir -ou revoir- ces oeuvres...

Cette exposition, en rendant hommage au travail de Jacques Bouille et de ses équipes municipales -il faut bien le reconnaître..., et ce, malgré tout le déni manifesté à ce sujet-, permet donc également de lever le voile sur une vérité que quelques uns auraient peut-être encore tendance à vouloir occulter.

source




dimanche 6 juin 2010

Remerciements


Prononcés à l'Eglise, le 24 mai 2010.


Je suis profondément émue de vous voir si nombreux et je vous remercie du fond du coeur, au nom de mes enfants et en mon nom, de votre soutien et de l'amitié que vous manifestez à mon époux et à notre famille.
Lors d'une audition avec les juges, l'une d'elle m'a demandé : "Où sont les amis de Jacques Bouille ?" Vous êtes la meilleure réponse à sa question.
Merci à Jean-Paul M. pour sa remarquable prestation au violoncelle qui aurait tant fait plaisir à Jacques. Jean-Paul et mon époux sont des amis de jeunesse et ont passé leurs récréations au lycée Arago ensemble, Jean-Paul à jouer du piano et Jacques à l'écouter.

Au 21e s, en France, patrie des droits de l'homme, la machine judiciaire tue avant même d'avoir jugé. C'est un aberration que je ne parviens pas à m'expliquer et qui est intolérable.
Je vous demande de penser à nous et de prier pour nous car notre chemin est long et difficile et semé d'embûches.



Merci également à ceux qui laissent des commentaires sur ce blog et qui ont eu une pensée émue et sincère pour Jacques Bouille, et sa famille, un an après sa disparition.


Marie-Antoinette Bouille




=> Quelques articles (Le Monde) :
"On a rogné les ailes du juge d'instruction"
La question de la garde à vue examinée par le Conseil constitutionnel
La querelle de la garde à vue au Conseil constitutionnel par Alain Salles

vendredi 21 mai 2010

In Memoriam



Il y a un an, Jacques Bouille se donnait la mort dans sa cellule de la prison de Mailloles à Perpignan.
Une messe sera célébrée en sa mémoire le lundi 24 mai 2010 à 10h, en l’église de St Cyprien Village.
Merci à tous ceux qui s’associent sincèrement à la douleur de sa famille. Que ceux qui l’ont aimé aient une pensée pour lui.
Son épouse, ses enfants, sa famille.



St Cyprien
Avis de messe
In Memoriam

Ses amis et un collectif de l’ancienne municipalité vous font part de la célébration d’une messe anniversaire à la mémoire de notre ancien maire Jacques Bouille, le 24 mais 2010 à 10h en l’église de St Cyprien Village. Ceux qui ne pourront assister à l’office pourront aller se recueillir au cimetière en témoignage de l’amitié qu’ils portaient à un maire qui a marqué sa ville par ses réalisations.



Hommages :

Vous pouvez avoir une pensée pour lui en écoutant le morceau de musique suivant.

Mozart - Clarinet Concerto in A Major, K. 622 - Adagio by 101 Classics on Grooveshark


YO VOY SOÑANDO CAMINOS

Yo voy soñando caminos
de la tarde. ¡ Las colinas
doradas, los verdes pinos,
las polvorientas encinas ! ...
¿ Adónde el camino irá ?
Yo voy cantando, viajero
a lo largo del sendero...
—La tarde cayendo está—.
«En el corazón tenía
la espina de una pasión ;
logré arrancármela un día,
ya no siento el corazón.»

Y todo el campo un momento
se queda, mudo y sombrío,
meditando. Suena el viento
en los álamos del río.

La tarde más se oscurece ;
y el camino que serpea
y débilmente blanquea
se enturbia y desaparece.

Mi cantar vuelve a plañir :
«Aguda espina dorada,
quién te pudiera sentir
en el corazón clavada.»
A. Machado, Cantares

MÊME QUAND NOUS DORMONS

Même quand nous dormons nous veillons l'un sur l'autre
Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d'un lac
Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours
Un jour après un jour une nuit après nous.
P. Eluard, Le Dur Désir de durer


Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris.
Nescio, sed fieri sentio et excrucior.
Catulle 85

Sine te... tecum, semper.
MAB



Papa,
mon papa,

Cela fait un an.
Déjà.

C’est incroyable. Et ça ne veut rien dire.
Abominable anniversaire.
Je n’arrive pas à concevoir que tu puisses ne plus être là, parmi nous. Avec nous.

Quel manque !... Quelle perte insensée !

J’avais tant besoin que tu m’apprennes encore… Tout ce que tu savais ! Tu avais tant à m’expliquer ! Tu savais me faire découvrir, et comprendre, tu savais me rassurer… à propos de la vie, des êtres et des choses, de la maladie… de la mort même. Plus personne, jamais, ne le fera comme, toi, tu l’aurais fait.

Plus jamais mon front à ton épaule, comme cela nous arrivait parfois...

Pourquoi nous avoir quittés ? Une autre des innombrables questions qui restera sans réponse.

Tu aimais tant la vie, tu aimais tant de choses… Que t’a-t-on fait ? Dans quel état t’a-t-on mis pour que tu en arrives à cette extrémité ? Pour te pousser à t’y résoudre…
Toi qui t’es toujours occupé des autres, au point que nous, enfants, regrettions de t’avoir si peu à nous. Qui s’est préoccupé de toi ? Toi qui as tant travaillé, soigné, parlé, aidé, consolé… donné tellement de ton temps, et de ton énergie ! Il ne devait malheureusement plus t’en rester assez pour toi-même.

Et l’espoir, qu’en as-tu fait ?… Comment est-on parvenu à te tuer l’espoir ? Cela, je ne le comprendrai jamais.

Tu nous as laissés. Tu t’es abandonné toi-même… tu m’as abandonnée -c’est sûrement comme cela qu’un enfant ressent toujours les choses, quel que soit son âge- et me voilà parlant au vide et au silence.
Mais toi, le seul à qui je devrais dire cela, tu n’es pas là pour l’entendre. Que faire alors, sinon le dire à tout le monde ? Crier, hurler. A quoi cela servirait-il, en définitive ? Et faut-il toujours que tout soit vain ? Est-ce que la peine, la douleur, le désespoir se partagent ? Réellement ? Qui en voudrait ? Chacun les siens, n’est-ce pas. Il y en a déjà trop. De toute manière, je n’arriverais pas à faire des bouts assez petits des miens pour en donner à tout le monde…
Me taire alors, tout simplement. Comme on nous a toujours demandé de le faire, depuis le début. Et souffrir seule, en silence. Comme tu es mort seul, et en silence. Car personne n’a entendu. Ou bien n’a écouté.

Mais à nous taire, nous crevons, nous aussi. Peu à peu. Nous crevons depuis… longtemps.

Juste après que tu sois parti, j’avais d’abord pensé continuer à t’écrire, à la prison, comme je le faisais depuis des mois. Avant d’apprendre la nouvelle, avant que le téléphone ne sonne ce dimanche matin-là (il y avait du soleil, je me souviens, et il faisait chaud), j’avais écrit une nouvelle lettre, j’allais la poster…
Quand je suis revenue, plus tard, après l’enterrement, je me suis demandé s’il ne fallait pas que je le fasse quand même. Car tout ce que je devais te dire encore, les nouvelles que tu m’avais demandées… qu’en faire ? Je voulais vraiment les envoyer, ces lettres. Elles n’auraient pas eu de réponse, mais tant pis, j’avais pris l’habitude du décalage. J’aurais pu, dans mon esprit, étirer ce temps de l’attente... infiniment.
Mais c’était avant que je sache que tu n’avais même pas reçu les dernières que nous t’avions écrites. Que pas une seule de nos lettres ne t’avait été transmise durant la dernière semaine de ta vie.

Alors, effectivement, j’ai posé mon stylo.

Et j’ai effacé le numéro de ma mémoire. Ton numéro d’écrou.

Un numéro. Des barreaux à la fenêtre. Une vue sur des barbelés. Des murs moisissant. Une porte blindée. Des cris. Voilà ce que tu me disais. Voilà ce que tu as quitté. Je te comprends.
Mais je n’accepte pas. Et ça, j’avais déjà eu l’occasion de te le dire en face.
Ça n’a pas suffi.

Aujourd’hui, voilà tout ce que je peux faire. Si peu ! Presque rien. Encore quelques mots, absurdes, face à l’absurdité. Les miens, et des plus beaux, ceux de poètes. Et puis de la musique... Je sais que tu les aimais.

L’amour est ce qui reste. Et c’est bien le pire. Mon amour pour toi n’a pas disparu, mais il est sans objet désormais. Il tourne comme une âme en peine, c’est bien le cas de le dire. Ce serait si simple, si l’amour que nous avons pour les autres disparaissait avec eux ! Ce serait reposant.

Le repos, c’est très certainement ce que tu voulais. Que s’achève enfin la torture qui s’éternisait… Une torture telle que je ne peux même pas me la figurer, sans doute.

Mais cela aussi, je le comprends. Je le comprends parfaitement.

Et je te pardonne pour le mal que ça me fait, chaque jour. A chaque minute.

Parce que je t’aime.

Ta fille,
Frédérique



Un effroyable acharnement judiciaire a poussé mon père jusqu'à la mort. Comment le pouvoir de décider de la liberté des hommes peut-il encore rester entre les mains d'une poignée de personnes qui ne prennent pas la mesure de leurs actes ?

Il était absolument possible de le remettre en liberté plus tôt. Preuve en est que le lendemain de sa disparition tous les autres détenus concernés par l'affaire ont été libérés.

Il est évident que le pire aurait pu être évité, c'est le plus tragique et le plus scandaleux. Ceux qui en avaient le pouvoir l'ont-ils seulement réalisé et peuvent-ils encore se regarder dans une glace ?

Honte à tous ceux qui l'ont jugé coupable alors que cela n'était pas établi.

François

dimanche 9 mai 2010

Billet




La même justice est-elle rendue de la même manière sur tout le territoire de la République ?

Certes, chaque cas est un cas particulier et doit être jugé comme tel. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser que si nous avions habité à Paris ou dans la région parisienne mon époux n'aurait pas été incarcéré -ou, moins longtemps- et, par voie de conséquence, ne serait pas mort.



M.-A. Bouille




=> lien (cliquer sur le titre de l'article) : Me Thierry Wickers, président du Conseil national des barreaux réagit au report probable du projet de la Chancellerie : "Une réforme pénale est indispensable", in Le Figaro du 07/05/2010.


dimanche 18 avril 2010

Arrêt sur texte


"[…] Les médias constituent une exception très étrange à cet état de fait. Ils jouissent, eux, d’une liberté totale. Ils peuvent impunément dire ou écrire n’importe quoi sur n’importe qui. Et si on leur en fait le reproche, ils avancent immédiatement la sacro-sainte liberté de la presse, comme si cette liberté-là, unique en son genre, ne pouvait donner lieu à aucune perversion, et en conséquence, ne devait connaître aucune limite.
Il faut bien comprendre ce qu’un journaliste tient entre ses mains : l’honneur et la réputation de ses concitoyens. De par ses fonctions, il ne peut ni les juger, ni les contraindre par corps, ni leur imposer des lois. Mais il peut salir leur image publique, et même les tuer symboliquement. Pouvoir immense, si l’on songe que pour tout un chacun, l’honneur –ou l’image de sa propre dignité- représentent probablement le bien le plus précieux, parfois plus encore que la vie même […]."

"[…] La victime lira l’histoire ahurissante et détaillée de ce qu’il a soi-disant volé, les souhaits imprécateurs de quelqu’un qui espère sa mort dans un accident d’avion, ou les noms d’animaux dont on le traite comme dans les pays totalitaires. Personne n’ira le défendre : car chacun a peur de tomber lui-même sous le coup de ce pouvoir hystérique et impuni. Il aura du mal à se défendre devant ses propres amis : car les histoires qu’on raconte sur lui sont si détaillées, si précises, que personne ne peut croire qu’il s’agit là d’un conte calomnieux, inventé de toutes pièces […]."

Extraits de Le seul pouvoir sans contre-pouvoir, par Chantal Delsol pour Le Figaro du samedi 17 - dimanche 18 avril 2010.

(cliquer sur l'image pour agrandir)

samedi 20 mars 2010

Détention provisoire



« Jusques à quand ? Combien faudra-t-il encore de morts pour qu’on arrive enfin à arrêter ce type d’enfermement qui condamne par avance tout être officiellement présumé innocent ? Pendant que certains réfléchissent à ce problème, dans les prisons françaises, chaque jour, des êtres humains meurent… désespérés, fracassés, anéantis, annihilés par cette peine « par avance » qu’ils doivent subir. Vit-on au XXIe siècle ou encore au Moyen Age pour laisser perdurer ainsi une mesure qui devrait et devait être exceptionnelle ?

Marie-Antoinette BOUILLE



A propos de la journée du 09/03/10 :

Plusieurs articles de presse montrent l’émoi causé dans les milieux judiciaire et policier par l’éventualité d’une réforme portant sur la suppression du juge d’instruction et la modification de la garde à vue (cf : Le Monde du 10, du 11 et du 13/03/10)
Pour mieux apprécier le rôle du juge d’instruction et la vie en milieu carcéral, parmi l’abondante littérature qui existe sur ce sujet, deux ouvrages récents :

1°) En toute impunité de Pierre SUARD; ce livre décrit la « machination médiatico-judiciaire », selon le préfacier Stéphan GUERIN, « l’engrenage kafkaïen » dans lequel fut pris P. SUARD, président directeur général d’Alcatel-Alsthom ainsi que la disparition de ce groupe.
Ecrit à la première personne du singulier, l’ouvrage permet au lecteur de suivre pas à pas une instruction que l’auteur qualifie de « partisane » dans son Prologue. Chaque chapitre est illustré par une citation, ainsi au chapitre II « Grattez le juge, vous trouverez le bourreau » (V. HUGO) et chapitre IV « Le discernement est la principale fonction du juge, et la qualité nécessaire du jugement » (BOSSUET).


Extrait de la Préface p. 13-14 : « Notre pratique pénale a vu apparaître une nouvelle espèce de magistrat non prévue par le code et dont on trouvera un exemple dans ce livre. Les professionnels l’appellent le « Juge d’Instruction à Charge ». Ce nouveau type de magistrats n’est pas à la recherche des faits, de ce que l’on pourrait appeler la vérité. La conception qu’il a de son rôle est de sélectionner les faits qui confortent sa conviction et de ne faire rentrer dans le dossier que les pièces qui corroborent l’opinion qu’il se fait lui-même de la culpabilité du « mis en examen ».
Ces juges d’Instruction à Charge se substituent souvent à la police judiciaire pour mener leurs diligences à leur manière. Ils se doublent souvent du rôle non pas du juge mais du justicier, disposant pour les soi-disant besoins de l’instruction de mesures répressives qui équivalent à des sanctions graves comme la prison ou l’interdiction de travailler, comme on le verra dans ce livre, tout ceci avant même que la personne concernée soit entendue par un Tribunal. Celle-ci bénéficiera peut-être d’un non-lieu plus tard mais le mal a été fait et une éventuelle indemnisation pécuniaire symbolique ne répare pas le dommage, et à fortiori quand le mis en examen conduit au désespoir s’est suicidé.
Se rajoute à ces pratiques le lynchage médiatique par la diffusion calculée d’informations vraies ou fausses en totale violation du secret de l’instruction . On traîne dans la boue le mis en examen sur la base d’informations tronquées, déformées, d’amalgames imaginatifs, d’accusations sans fondements.
Tout ceci est « justifié » par le souci sans doute explicable qu’une affaire ne soit pas étouffée ou enterrée jusqu’à ce que prescription s’en suive. Il y a effectivement un problème réel quand les magistrats sont conduits à violer certaines lois pour en faire appliquer d’autres. Mais dans le cas faisant l’objet de ce livre les violations systématiques du secret de l’instruction n’étaient pas innocentes et ne semblaient pas pouvoir être justifiées par cette préoccupation.
»



2°) Pris pour CIBLE de Guy BOSSCHAERTS et Sylvain SPRINGER. Dans cet ouvrage, la description du monde carcéral est saisissante et sonne vrai. Le centre pénitentiaire de Mailloles à Perpignan est présenté dans toute sa réalité. Ce livre est aussi écrit à la première personne du singulier ce qui permet au lecteur de vivre le « calvaire » de celui qui parle.


Extrait p. 16-17 : « Un monde de grisaille, bardé de serrures. […] Un quart d’heure s’était écoulé depuis mon arrivée à la prison, et j’étais déjà en cellule. Une pièce vide, des barreaux aux fenêtres, une lumière crue et blanche. Je me suis assis sur un matelas d’où s’échappait une odeur aussi rance que tenace. J’ai jeté un œil distrait au plateau-repas. Dans une gamelle douteuse, un morceau de poulet étrangement poilu disputait la place à quelques grains de riz. Il était dix-neuf heures et le repas du soir m’avait été servi.
On m’avait placé en quartier d’isolement. C’était un cauchemar, ce ne pouvait être qu’un cauchemar : j’avais été identifié, observé, photographié, immatriculé. Même dans l’état où je me trouvais, j’avais été déshabillé et fouillé, on m’avait enfermé, isolé, pour mieux me surveiller. On m’avait puni, mais pourquoi ? Quelle pouvait être cette malédiction dont on me rendait responsable ?
Au moment où l’on franchit le pas de porte de la prison, on perd à tout jamais la clé de son enfance. Le monde extérieur s’effondre comme un château de cartes. Je ne comprenais qu’une chose : on m’avait amputé de ma liberté et de mes sens, au propre comme au figuré. Seul demeurait le sentiment de manque. Une partie de mon corps ne m’appartenait plus. Si l’enfer existait, il ressemblait à cet endroit. Mon monde appartenait au passé, désormais mon univers se nommait « cellule A 112, numéro d’écrou 20 009 ». Ses murs étaient beiges, son sol d’un vert indéfinissable. Le vert avait toujours été pour moi la couleur de l’espoir, il venait de devenir celle de la négation. Une petite penderie garnie d’un casier de formica, un interrupteur, une sonnette pour appeler un surveillant qui jamais ne répondait à l’urgence. Un tube au néon surmontant une prise de courant inutilisable et un lavabo. Une planche verticale dissimulant une cuvette de faïence défendue par une porte battante. Et puis ce lit, de la même couleur que le sol, à la peinture usée, au sommier de tôle et au matelas de cinquante centimètres de large. Au-dessus d’une minuscule table, une fenêtre traversée par des barreaux ancrés dans le béton. Un monde de neuf mètres carrés qui aurait rendu folle la plus docile des bêtes.
»



→ Autres lectures possibles, celles de grands classiques :
_ L’affaire CALAS de VOLTAIRE,
_ Le dernier jour d’un condamné de V. HUGO.

→ Quelques articles récents du journal Le Monde en ligne :
_ Réformer le parquet est inéluctable
_ Pour une vraie réforme de la garde à vue
_ Quelle justice ?
_ La concertation engagée est une bonne méthode
_ Le code de procédure pénale doit être rénové



Jeudi 18/03/2010, L’Indépendant relate le nouveau suicide d’un détenu à la prison de Mailloles, à Perpignan.

lundi 15 février 2010

Quelques rappels



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Mars 2010 : Neige sur St Cyprien




A noter, pas de longue coupure de courant, comme St Cyprien en avait connu, lors des précédents épisodes neigeux. Jacques BOUILLE et son équipe municipale ont fait le nécessaire pour que la ville ne soit plus privée d'électricité en cas de tempête de neige.


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Réalisations et projets


1° A propos des chiffres :







Extraits du document de la campagne électorale de 2008 de J. BOUILLE



(Vous pouvez cliquer sur chaque page pour lire le document)



2° A propos de la dette :





Extrait de l'Indépendant du 20/11/2008



(Vous pouvez cliquer sur chaque page pour lire l'article)



3° A propos du projet de musée aux Capellans :



























(Jardin des Capellans, abords immédiats du futur musée)








Lien vers d'autres vidéos : Les Collections de St Cyprien

mercredi 10 février 2010

Questions posées à Mme Bouille et à son avocat perpignanais Me Gérard Deplanque



1) Me Deplanque, encore aujourd’hui, « l’affaire » fait couler de l’encre. Sans divulguer aucune information confidentielle, pouvez-vous expliquer où en est l’instruction ?

A l’évidence, l’instruction progresse mais il n’est pas possible d’en parler actuellement en l’état du secret de l’instruction.


2) En tant qu’avocat, pensez-vous qu’elle soit, comme on a pu récemment le lire, « un feuilleton politico-judiciaire sans précédent dans le département » ?


Cette affaire est, avant toute appréciation, particulièrement dramatique.


3) Il y a un an, on parlait peu de la « présomption d’innocence » concernant les protagonistes de l’affaire. Qu’en est-il aujourd’hui et pensez-vous, comme on l’entend parfois, que le respect du secret de l’enquête et de l’instruction soit, en général, devenu utopique ?

Les services de la chancellerie tentent de revoir la question.


4) Mme Bouille, pourquoi avoir choisi de créer ce blog ? Qu’en attendez-vous ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

La famille de Jacques BOUILLE en a assez de le voir sali en permanence. Elle a donc décidé de porter « un autre regard » sur un époux et un père et de montrer de façon positive ce qu’il a fait en qualité de maire pour la commune de St. Cyprien. Je suis parfaitement consciente des dangers que présente la détention provisoire et je souhaiterais que celle-ci puisse être modifiée. Je pense que le manque de compassion et la durée de cette détention provisoire ont conduit mon époux au suicide ainsi que le sort peu commun qui nous a été réservé : nous n’avons jamais pu nous voir depuis l’incarcération de Jacques, le 17/12/08 .


5) Pensez-vous que les médias n’auraient pas relayé les faits de manière objective jusqu’à présent ?


Les médias, en l’occurrence, se sont référés aux propos tenus sur l’affaire par les procureurs quand ces derniers se sont exprimés. Jacques BOUILLE, quant à lui, n’a pu s’exprimer qu’une seule fois : par une lettre à la presse au sujet des œuvres d’art achetées par la mairie de St. Cyprien. Je me pose beaucoup de questions sur la présomption d’innocence. Je reconnais que la presse s’est fait l’écho des intentions suicidaires de mon époux, dès sa première comparution devant la cour d’appel de Montpellier.


6) Pourquoi ne vous y exprimez-vous pas plus précisément au sujet de « l’affaire » et ne répondez-vous pas aux attaques dont votre mari et vous-mêmes avez été l’objet depuis un an ?


Au début, les avocats m’ont dissuadée de parler à la presse. D’une part, j’étais mise en examen, d’autre part, mes propos -je n’ai pas l’habitude de la justice ni de la presse- auraient pu être mal interprétés ou détournés de leur sens. Je n’exclus pas de m’exprimer au sujet de l’affaire, sur le blog, au moment opportun.


7) Quel est votre but concernant la parution de la correspondance entretenue avec votre époux durant sa détention ? N’est-ce pas une chose très personnelle ?


Je pense qu’habituellement je suis très discrète sur mes sentiments. Si j’ai choisi volontairement de publier quelques lettres (de mes enfants, de mon époux et de moi-même), c’est pour montrer à ceux qui ont propagé des ragots ignobles sur notre famille que nous sommes une famille comme les autres, que nous nous sommes toujours profondément aimés et que nous nous soutenons dans les épreuves subies et à subir. La dernière lettre de Jacques à sa famille, je l’ai mise en ligne pour que chacun puisse voir dans quel état et à quel degré de désespoir mon époux, un être humain, a été plongé par une trop longue incarcération en détention provisoire.


jeudi 21 janvier 2010

Lettre de J. Bouille à son épouse, reçue après sa mort


Jacques Bouille est décédé dans la nuit du 23 au 24 mai 2009. Quelques jours plus tard, sa famille recevait trois lettres de sa main. Elles avaient été écrites presque une dizaine de jours plus tôt, mais n'avaient pas été transmises. Tout comme ne lui ont pas été remises, durant toute la semaine qui a précédé sa mort, sept lettres écrites durant cette période par son épouse, une lettre de sa fille, ainsi que deux lettres d'autres expéditeurs.



Jacques à Marie-Antoinette

Perpignan,le 19 mai à 10 h. 30

Ma chérie,

Voyage autour de ma chambre. Toute la nuit. En raison de la traditionnelle inondation provoquée par le voisin qui en fait un jeu : « Je bouche le lavabo puis je casse le robinet et l’étage s’inonde. » Et moi, pieds nus, serpillière, pelle à la main, remplissant une poubelle afin de faire baisser le niveau de l’eau qui se glisse sous ma porte. C’est la troisième fois en un mois. Cela paraît n’émouvoir personne. Et maintenant, ça pue le moisi et on baigne dans l’humidité. Joies de la cohabitation. Je suis pour le moins épuisé car, dans ce cas, personne n’aide personne et nul remède n’est envisagé. Cela peut donc se reproduire autant de nuits qu’il est de jours. Voilà pour l’anecdote. Le seul avantage que l’on puisse en tirer, c’est que l’on bouge beaucoup et que l’on éprouve ensuite une saine fatigue.
J’ai l’impression qu’il fait beau. Je vois un carré de ciel bleu filtrer par les grilles qui nous décorent, le finestrou ouvert, tout séchera plus vite. Maintenant, c’est donc détention plus galère. Cela pourrait, peut-être, être cumulé et venir en déduction des jours à passer… Je peux t’assurer, à l’avenir, d’une aide efficace à la maison. On dit bien qu’à toute chose, malheur est bon ; en voilà un exemple.
C’est mardi. Que fais-tu, le mardi ?...tout ce que la liberté permet de faire (ou presque ). Moi, j’attends. J’attends tout et rien. J’attends ta lettre qui n’est pas venue, hier. Au gré, du vent… J’attends que D* m’écrive ou plutôt réponde à ma lettre envoyée il y a trois semaines. (…) J’attends ce fameux contrat (de la banque) que je dois parapher soi-disant. J’attends vendredi aussi, M* et M* avec des nouvelles fraîches de tout, de tous, de toi surtout afin d’être bien rassuré, sur ta santé, tes et nos problèmes, sur le fait que tu penses à moi, que tu leur parles de moi et que tu leur dis que tu m’attends. Le leitmotiv : l’attente ! une découverte pour nous. Une de plus. Mais qu’est-ce qu’elle fait mal, celle-là ! Au creux de l’estomac. Au fond de la tête. Elle fait mal à en devenir… ce que tu voudras…

Je t’embrasse bien tendrement

Jacques.


13 h.30

Je viens de recevoir deux longues lettres : les 23 et 24, plus un mot de ta sœur et la photo de François avec l’entrée de la maison et le rhododendron en fleurs. Je l’ai installée sur ma table afin de l’avoir sous les yeux. Gros pincement au cœur. Que c’est beau ! Que c’est loin ! Que vous êtes loin, mes amours ! J’ai l’impression qu’il s’agit d’un autre monde, un monde lointain que j’ai quitté voilà une éternité.

Continuons à penser les uns aux autres très fort.

Je vous aime

Jacques.

dimanche 17 janvier 2010

Droit de réponse à l’article paru dans l’Indépendant du dimanche 10/01/10, rubrique de St Cyprien



Voici l'article qui a été remis par Mme M-A Bouille à son avocat afin d'être publié dans l'Indépendant :


« Dans la dernière réponse à la question posée à M. Thierry Del Poso, lors de l’interview de Frédérique Michalak (Indépendant du dimanche 10/01/10, p.11), je me dois de rectifier ce qui m’apparaît être une erreur. Le docteur J. Bouille et ses différentes équipes municipales ont toujours pris en compte la protection du littoral. Il n’en est pour preuve que les ouvrages d’épis en mer (2004 : 5 épis ont été construits pour un montant de 1 154 087,30 €)* qui ont contribué au ré-ensablement de certaines plages et le rechargement en sable du front de mer (2004 à 2005 pour un montant de 1 592 398,90 €)*. Il est donc faux de dire que : « …la protection du littoral …a été abandonnée pendant vingt ans. » Ce fut, au contraire, une préoccupation constante pour J. Bouille de préserver le littoral avec pour preuves concrètes des réalisations réelles que l’on peut constater « de visu » et qui ont eu un coût important. Les archives de la mairie peuvent en témoigner, il suffit, sans doute, de se renseigner auprès du secrétariat général et du ou des services en charge de ces dossiers. De plus, dans St. Cyp Info automne 2008 p. 15-16, un article sur l’écologie à St Cyprien parle de la protection du cordon dunaire et de la sensibilisation des élus à ce problème. Dans ce même petit journal, p. 7 à 11, se trouvent des tableaux récapitulatifs comptables des travaux de voirie et des équipements collectifs effectués à St. Cyprien pour un montant total de 33 millions d’euros en huit ans. »

*cf. St. Cyp info automne 2008, p.10.


Texte signé par Mme Bouille et co-signé par deux conseillers minicipaux de l'équipe de Jacques Bouille.



Voilà l'article publié par le journal, ce 17 janvier 2010 : LIEN ARTICLE